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Mézières, Jean-Claude (1938-....)

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Biographie

Découverte de la bande dessinée

Né dans une famille qui avait le goût pour les arts, son père, expert automobile puis comptable dans un ministère, pratiquait l'aquarelle, sa mère, « femme au foyer », peignait sur soie, et son frère ainé dessinait pour son plaisir des bandes dessinées. Pendant la guerre, après être partie en exode dans la région de Bordeaux, ils habitent à Saint-Mandé, en région parisienne. Lors des alertes aériennes, la famille Mézières et la famille Christin, des voisins, se retrouvent dans l'abri d'une cave. C'est comme cela que Jean-Claude fait la connaissance de Pierre Christin, et Pierre de Évelyne, la sœur cadette de Jean-Claude, les amis d'enfance s'étaient rencontrés.

Dans les années 1945/1946, c'est en lisant les illustrés de son frère, OK Magazine, qu'il découvre la bande dessinée, principalement Arys Buck d'Albert Uderzo ou Kaza le Martien de Kline. C'est vers l'âge de 10 ans, qu'il a eu une véritable « révélation » quand sa marraine lui a offert sa première BD, un album de Tintin, Le Lotus bleu. Le petit Jean-Claude a appris à dessiner en finissant les bandes dessinées de son frère ou en s'inspirant de ses personnages. En 1950, à 11 ans, Jean-Claude réalise un premier cinq pages Mic et Max en Afrique .

Débuts prometteurs

Les débuts officiels de Mézières comme dessinateur datent du Salon de l'enfance en décembre 1952. Le Figaro édite pendant la durée du salon un journal pour les jeunes fait par des jeunes et qui s'appelle évidemment le Journal des Jeunes. Jean-Claude Mézières fait partie du groupe de jeunes sélectionnés, il sera le dessinateur-illustrateur, le plus âgé, 15 ans 1/2, fait office de rédacteur en chef et c'est Philippe Labro. C'est toujours en 1952, qu'il réalise, Tintin en Californie, une histoire de 11 pages mises en couleurs, avec un Tintin au corps d'Arys Buck comme personnage principal, faisant ainsi la synthèse de ses premières lectures de bandes dessinées. En 1953, inspiré cette fois par Roy Rogers, Lucky Luke et surtout Les Chapeaux noirs de Franquin, mais aussi par les films de cow-boys, il réalise une nouvelle histoire, La Grande Poursuite, 16 pages en couleurs. Mais cette fois-ci, l'histoire ne va pas rester dans ses cartons, il confectionne un album qu'il envoie à « Monsieur Casterman », en fait Hergé, qui lui répond par lettre à l'entête des Studios Hergé « Vous avez quinze ans : c'est-à-dire tout le temps pour développer les dons que révèle, à mon avis, cette première expérience ».

À la rentrée scolaire de 1953, Mézières rentre à l'École des arts appliqués pour apprendre un métier, celui de dessinateur pour tissus et papiers peints. En 1955, il réussit à faire accepter par le journal Cœurs vaillants trois planches : Bill le shérif, {{M.}} Babouin et Mic. Fort de ces premiers succès, il réalise sa vraie première histoire à suivre Les 13 marches, 16 planches en noir et blanc, qui paraissent dans Fripounet et Marisette du {{numéro}}31 au {{numéro}}42. Il publie ensuite sans discontinuer des illustrations et des planches sur ses propres scénarios ou sur ceux de Guy Hempay, en fait Jean-Marie Pélaprat. C'est avec ce dernier qu'il réalise, une histoire d'anticipation Expédition Noachis où déjà les déplacements se faisaient à 3000 kilomètres par seconde. Il dessine aussi 2 planche pour le {{numéro}}1078 du journal de Spirou, sur un scénario de Octave Joly, une histoire de l'oncle Paul, La première crèche.

Aux « Arts-A », Mézières rencontre Jean Giraud et Patrick Mallet. Il va les entrainer aux éditions Fleurus, où ils commencent aussi leur carrière de dessinateur de bande dessinée. C'est en leur compagnie, qu'il va rendre visite à Jijé à Champrosay (près de Draveil) et accompagné de Mallet qu'il fait le voyage de Bruxelles pour rencontrer Franquin. En 1956, pendant que Giraud part retrouver sa mère au Mexique{{,}}, il renoue une amitié avec Christin qui fait maintenant des études littéraires à Paris. Ils ont deux passions communes, le cinéma et le jazz qui les mènent à vouloir réaliser un film en {{unité}}, La Vie d'un rêve, {{heure}} seulement sont réalisées. Au retour de Giraud, du Mexique et des États-Unis, Giraud, Mézières et deux autres copains, se lancent dans la réalisation d'un western en dessin animé. Giraud fait les décors et les personnages, mais le projet ne dépasse pas les 45 secondes. En 1958, l'appel sous les drapeaux, le service militaire en France et en Algérie, met fin à ce début de carrière.

Maquettiste, illustrateur et dessinateur publicitaire

À la fin de son service militaire, en 1961, Mézières trouve par petites-annonces un travail de maquettiste aux studios Hachette. Il s'agit de franciser une Histoire des civilisations. Il faut refaire à la gouache les illustrations de cette histoire d'origine italienne. Le travail étant particulièrement bien payé, il recommande Jean Giraud qui se joint alors à l'équipe. Mais cette production au texte insipide ne trouve pas son lectorat et s'achève en 1963 avec le cinquième volume. En même temps que son travail chez Hachette, Giraud n'a jamais abandonné la bande dessinée, il encre les planches de Jijé pour la série Jerry Spring. C'est l'occasion d'un renvoi d'ascenseur, Giraud le recommande au fils de Jijé, Benoît Gillain, qui crée justement une agence de publicité. Mézières embauché, fait toute la partie artistique, rough (esquisses), maquettes, prises de vues, etc. et quelquefois avec l'aide de Jijé{{,}}. C'est alors qu'il collabore, avec Benoît Gillain, au numéro zéro de Total Journal, un journal publicitaire, pour la société TOTAL.

En 1964, Giraud repart nourrir son imaginaire « aux Amériques » et cette fois c'est certain Mézières ira le rejoindre. C'est un ami belge de Gillain installé à Houston (Texas) qui lui permet d'obtenir, en 1965, un visa professionnel d'un an comme dessinateur industriel de charpente métallique. Mais arrivé aux États-Unis, Giraud est rentré en France, alors direction l'ouest pour aller voir les vrais cow-boys loin des charpentes métalliques.

Cow-boy dans l'Utah

Comme pour la première période de sa vie avec l'album Mézi avant Mézières, Mézières nous laisse plusieurs témoignages graphiques de cette période : peu après son retour, il réalise un article rédactionnel illustré de photos dans le Pilote {{numéro}}380 du 2 février 1967 Far-west 67, l'aventure d'un cow-boy parisien ; en 1974, dans le {{numéro}} de Pilote mensuel, une histoire en 8 planches, Mon Amérique à moi, nous explique l'attrait et la découverte des États-Unis par un enfant de banlieue qui confronte son rêve à la réalité ; en 1979, sa seule participation au journal de Tintin, sur le modèle des belles histoires de l'oncle Paul, il dessine 3 planches, les vieilles histoires de tonton J.-C., petit guide pratique à l'usage des apprentis cow-boys…, Mézières nous présente la réalité du dur métier de cow-boy à des lieues de la mythologie hollywoodienne. En 1999, c'est une double page dans Géo Quand un petit français part jouer au cow-boy. En fin un album souvenirs/témoignage Adieu, rêve américain à quatre mains dans la série Les correspondances de Pierre Christin. Tous ces témoignages sont soit dessinés soit illustrés et accompagnés de photographies car en même temps qu'il découvre l'Ouest américain, il prend un goût certain pour la photographie. Par la suite, il comblera les temps libres entre deux histoires de Valérian et Laureline en retournant aux États-Unis pour faire des reportages photos.

C'est pendant l'hiver 1965/66, qu'il retrouve son ami d'enfance Pierre Christin, qui enseigne à l'université de Salt Lake City (Utah). Il y rencontrera sa future femme, Linda, étudiante de Christin. Il profite de ce temps de repos pour travailler pour un magazine pour jeunes mormons, Children's friend, dans lequel il fait des illustrations. Sur un scénario de Pierre Christin, il réalise un film en {{unité}}, Ghetto, produit par S. Holbrook pour la N.A.A.C.P. - National Association for the Advancement of Colored People - qui dénonce la ségrégation des Saints-des-derniers-jours envers la communauté noire de Salt Lake City. Ce film et l'action qui l'entoure oblige la chaine de télévision locale - K.U.T.V. - à aborder un sujet jusqu'alors soigneusement ignoré.

Le visa professionnel de Mézières touche à sa fin en 1966, il va falloir penser au billet de retour, c'est alors que Christin lui propose de réaliser une bande dessinée. Et Mézières de dessiner sous le nom de Mézi, 9 ans plus tard, une nouvelle histoire de 6 planches en noir et blanc dans le style très américain du journal Mad, Le Rhum du Punch sur un scénario de Linus, Pierre Christin. Une histoire débridée de trafic de Rhum entre les colonies américaines et les Antilles où intervient à la fin Sean Connery sous les traits de James Bond. Sitôt réalisée, sitôt envoyée à Jean Giraud qui travaille alors chez Pilote sur Blueberry avec mission de caser la bande où il pouvait. Mézières laisse le soin à Giraud, de dessiner les dernières cases. Celui-ci fait intervenir Blueberry à la tête de la cavalerie américaine, il propose le travail à Goscinny qui le publie dans le {{numéro}}335 de Pilote du 24 mars 1966. Devant le bon accueil, Linus et Mézi produisent une deuxième histoire de 6 planches, en noir et blanc tramé, Comment réussir en affaire en se donnant un mal fou, du x{{e}} degré qui nous conte l'histoire de Jonathan Stocker/Frankenstein et du comte Drakustein/Superman. L'histoire, envoyée par le même canal, est publiée dans le {{numéro}}351 de Pilote du 14 juillet 1966.

Dessinateur à Pilote

De retour en France avec un billet d'avion payé par le produit de ces deux premières histoires dans Pilote, Mézières se présente à Goscinny, alors rédacteur en chef. L'accueil est bon et Mézières se voit offrir une place de dessinateur à Pilote qui se traduit immédiatement par une troisième histoire Linus/Mézi toujours dans le même style, Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions. encore une histoire en 6 planches, en noir et blanc tramé, paraissant dans le {{numéro}}371 du {{1er}} décembre 1966.

S'enchainent ensuite toutes sortes de travaux pour le journal, comme le signale Mézières « nous étions payés pour apprendre ». La première collaboration de Mézières avec un autre scénariste que Christin, est une histoire en 3 planches scénarisée par Fred, La vengeance du pharaon, parue dans le {{numéro}}388 du 30 mars 1967. Le travail suivant est une histoire à suivre. Toujours sur un scénario de Fred très dessiné, ce qui gêne beaucoup Mézières qui a déjà besoin d'une liberté de composition du récit narratif, il dessine L'extraordinaire et troublante aventure de {{M.}} Auguste Faust. Cette histoire de 28 planches bi-color parait du {{numéro}}390 du 13 avril au {{numéro}}403 du 13 juillet 1967.

La carrière de dessinateur de bande dessinée était cette fois-ci bien entamée pour ne plus s'arrêter.

Parallèlement à son activité de dessinateur, Mézières reprend Total journal dont il avait fait avec Gillain le numéro zéro. Comme rédacteur en chef, il y fait travailler tous ses amis de Pilote à commencer par Pierre Christin qui a repris en France son métier de professeur.

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