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Rabhi, Pierre (1938-....)

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Biographie

Jeunesse algérienne

Pierre Rabhi est né en 1938 dans une famille musulmane de Kenadsa, près de Colomb-Béchar, une oasis dans le sud de l'Algérie. Sa mère meurt alors qu'il est âgé de 4 ans. Ses frères vivent à Béchar et Kenadsa.

Son père, forgeron, musicien et poète le confie à l'âge de 5 ans à un couple de Français, un ingénieur et une institutrice, venus travailler dans les houillères du Sud Oranais dans son village natal. Plus tard, son père est contraint de fermer son atelier et de travailler à la mine, ce qui marque la réflexion et la pensée de son fils.

Pierre quitte Kenadsa pour Oran avec sa famille d'adoption et y suit deux années d'études secondaires. À l'âge de 16 ans, à Oran, il choisit de se convertir au christianisme et adopte le prénom Pierre. Il commence à travailler dans la dentisterie, puis en tant qu'employé de banque. Lorsque la guerre d'Algérie éclate en 1954, il se trouve dans une situation de double exclusion, fâché avec son père pour s'être converti, et avec son père d'adoption qui l'avait mis à la porte à la suite d'un conflit. Depuis, il a déclaré ne plus {{citation}}.

Le retour à la terre

Il trouve un poste d'ouvrier spécialisé ; dans l'entreprise où il travaille, il rencontre Michèle, une Parisienne, avec qui il se mariera plus tard. Ils auront cinq enfants (Cécile née en 1962, Vianney né en 1963, David né en 1971, Sophie née en 1972 et Gabriel né en 1975).

Tous deux nourrissent le rêve de s'extraire de leur vie urbaine et pensent à l'agriculture. Il rencontre le docteur Pierre Richard, un médecin et écologiste qui travaillait à l'époque à la création du Parc national des Cévennes, et qui les encourage dans leur démarche.

Ils décident alors de se rendre en Ardèche pour s'y installer définitivement en 1960, précédant le mouvement néorural de la fin des années 1960. Ils se marient à Thines. Pierre Rabhi devient père et, sans aucune connaissance agricole, s'inscrit dans une Maison familiale rurale et obtient un diplôme{{Lequel}}.

Après trois ans comme ouvrier agricole, en 1963 il devient lui-même paysan dans les Cévennes ardéchoises. Il se lance dans l'élevage caprin avec l'intention de ne pas reproduire les mêmes modèles de productivisme, et expérimente l'agriculture biodynamique.

Après des débuts difficiles, le couple acquiert assez d'expérience pour accueillir et conseiller à partir de mai 1968 d'autres néo-ruraux. Quinze années leur seront nécessaires pour parvenir à vivre de leur ferme.

La reconnaissance

En 1978, il est chargé de formation en agroécologie par le CEFRA (Centre d'étude et de formation rurales appliquées).

À partir de 1981, il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontières » à la demande du gouvernement de ce pays et avec le soutien du Centre de relations internationales entre agriculteurs pour le développement (CRIAD). En 1985, il crée un centre de formation en agroécologie à Gorom-Gorom, avec l'appui de l'association Le Point-Mulhouse.

En 1988, il fonde le Carrefour international d'échanges de pratiques appliquées au développement (CIEPAD) avec l'appui du conseil général de l'Hérault. Il met en place un « module optimisé d'installation agricole », de programmes de sensibilisation et de formation, et le lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine…).

En 1992, il lance le programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini-Gabès en Tunisie. Depuis 1994, il anime le mouvement Oasis en tous lieux, visant à promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social.

La même année, il fonde l'association Les Amis de Pierre Rabhi, rebaptisée en 1998 Terre & Humanisme. L'association a pour activité la promotion et la transmission de l'agroécologie.

En 1997 et 1998, il intervient à la demande de l'ONU dans le cadre de l'élaboration de la convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.

De 1999 à 2001, il lance de nouvelles actions de développement au Niger (région d'Agadez) et au Mali (région de Gao).

En 2002, il fait une précampagne présidentielle où il obtient 184 parrainages d'élus et qui donne naissance au « Mouvement Appel Pour une Insurrection des Consciences » (MAPIC).

En 2003, il rencontre Michel Valentin avec lequel il crée en 2004 Les Amanins, un site agroécologique dans la Drôme sur la commune de La Roche-sur-Grane. Cette association sans but lucratif travaille autour de trois axes : l'agriculture, l'éducation et la construction, sous la question « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous à la planète ? »

Il anime régulièrement des conférences ou des ateliers sur les thèmes de la simplicité volontaire et de la décroissance. Considéré comme artisan de l'altermondialisme, il est invité lors du Forum social européen, et intitule un de ses exposés « Donner une âme à la mondialisation ». Il crée en 2007, avec Isabelle Desplats, Cyril Dion et quelques autres, le Mouvement pour la Terre et l'Humanisme, ensuite appelé mouvement Colibris ». Sa mission est {{citation}}. Il a fait partie du comité éditorial du mensuel français La Décroissance et est vice-président de l'association Kokopelli qui œuvre à la protection de la biodiversité (à la production et à la distribution de semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique) et à la régénération des sols cultivés.

Le mouvement Colibris s'est notamment fait connaître par la campagne Tous Candidats, lancée au moment de l'élection présidentielle de 2012, qui a bénéficié d'une couverture médiatique. Colibris a également été l'un des acteurs majeurs du lancement de RésALIS, lors des Assises pour une alimentation de proximité, à Niort (Deux-Sèvres), en partenariat avec Slow Food. Ce sont près de 300 professionnels intéressés par les circuits courts et la restauration hors domicile qui sont venus découvrir le projet RésALIS. Cette expérience globale pour des réseaux locaux tendant à l'autosuffisance alimentaire à l'échelle d'un département est unique. Le concept RésALIS trouve largement son origine dans la notion d'écorégion, imaginée par Emmanuel Bailly. Producteurs, transformateurs, cuisiniers, chargés de mission, responsables de filières et élus ont pu ainsi échanger, faire part de leurs doutes et de leurs envies lors d'un forum.

En 2011, il reçoit le prix du Développement durable du lycée Champollion de Grenoble. Le 16 juillet, il participe à l'inauguration d'un jardin portant son nom à Saint-Alexandre dans le Gard, suivie d'une conférence{{,}}.

En 2012, il rejoint le comité d'honneur de la FLAC (Fédération des luttes pour l'abolition des corridas). Le 30 juin 2012, il inaugure à Bédarieux (Hérault) un parc public, portant son nom. Le 16 juillet 2013, il publie dans le journal Le Monde, avec Susan George et Edgar Morin, une tribune soutenant l'initiative citoyenne européenne « Arrêtons l'écocide en Europe ».

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