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Capote, Truman (1924-1984)

Contents


Biographie

Les années de formation

Ses parents, Arch Persons et Lillie Mae, se marient précipitamment le {{date}}, à Monroeville, en Alabama. Lilie ne tarde pas à être enceinte et met au monde son enfant le {{date de naissance}}. Arch Persons, {{Citation}}. Alors qu'il vit avec ses parents, le petit Truman {{Citation}}. Alors qu'il a cinq ans, sa jeune mère le confie à ceux-là même qui l'avaient recueillie orpheline : il est élevé à Monroeville, en Alabama par ses trois cousines et leur frère, tous quatre célibataires. Son enfance est heureuse, mais il a toujours ressenti douloureusement cet abandon par ses parents. À Monroeville, il a pour amie d'enfance Harper Lee qui le décrira dans son roman To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) comme un « Merlin l'enchanteur de poche », sous les traits du personnage de Dill. Très vite, dans le voisinage, on s'aperçoit qu'il est différent : {{Citation}}. Les parents du petit Truman divorcent le {{date}} : plus tôt, dans la même année, sa mère, qui vit maintenant à New York, {{Citation}}. Le {{Date}}, sa mère se remarie avec le Cubain Joseph Capote. En 1933, {{Citation}}. En 1934, à l'âge de {{Citation}}. Le {{date}}, {{Citation}} et Truman Persons devient Truman Capote.

À partir de 1933, il fait ses études à la Trinity School, puis, en 1936, à l'académie militaire St. Johns à Ossining, dans l'État de New York, avant de revenir dans la première institution en 1937. Il fréquente un temps la Dwight School de New York, mais {{Citation}}, ainsi Truman entre à la Greenwich High School, où son professeur d'anglais, Catherine Wood, reconnaît ses talents d'écriture, le guide, le critique. le fait travailler, plaide sa cause auprès des autres professeurs pour les inciter à l'indulgence dans les matières où il est très faible. {{Citation}}. Diplômé du collège privé du West Side, la Franklin School, il quitte définitivement à 17 ans le système scolaire et travaille de 1941 à 1945 comme pigiste au New Yorker. {{Citation}} en 1943. L'année suivante paraissent les nouvelles Un vison à soi et Le Contour des choses : {{Citation}}. En 1945, il loue une chambre d'hôtel à La Nouvelle-Orléans et commence à écrire Les Domaines hantés, renouant avec la nature, les paysages et certains personnages de son enfance . En juin 1945, à l'époque de la publication de Miriam dans le magazine Mademoiselle, il rencontre William S. Burroughs : Mademoiselle et Harper's Bazaar sont les deux magazines qui publient ces nouvelles ; le New-Yorker les juge trop audacieuses. Les directeurs littéraires de ces magazines (Mary Louise Aswell pour Harper's Bazaar et George Davis pour Mademoiselle), des personnages influents de l'époque, détectent avant tous les autres le talent exceptionnel du jeune homme et ce dernier {{Citation}}.

En 1946, le jeune homme trouve refuge à Yaddo, une résidence qui accueille écrivains, musiciens et artistes, dans l'État de New York. Il y rencontre Newton Arvin, un professeur de lettres de grande valeur. Pendant les deux ans que dure leur liaison, il passe chaque week-end auprès de celui qui lui donnera la formation qu'il n'a pas reçue à l'université. Il lui rend plus tard hommage en disant qu'Arvin {{Citation}}. Par ailleurs, la vie de famille chez les Capote est orageuse. Fréquentes et violentes, {{Citation}}.

Les premiers succès

Durant toute sa vie d'écrivain, Truman Capote n'écrit qu'une quinzaine de nouvelles. Leur charme particulier doit beaucoup au caractère merveilleux ou fantastique de leurs histoires, à leur ironie légère {{Citation}} et, pour certaines d'entre elles, au don de leur auteur pour évoquer l'enfance. Leur style poétique foisonne d'images originales (« [...] glissant quelques sucreries dans le vinaigre de sa voix... », « Miss Sook, sensible comme une capillaire... », « Tico Feo [...] chantait une chanson aussi gaie que des sous que l'on remue »). {{Citation}}. Ses personnages, mêmes ceux qui ont un rôle secondaire restent dans la mémoire du lecteur : {{Citation}} (Oreilly dans Monsieur Maléfique). C'est grâce à ces nouvelles, et particulièrement à Miriam publié par Mademoiselle dans son numéro de juin 1945, que le milieu littéraire new-yorkais est le premier à reconnaître son talent.

Il est invité dans les cercles littéraires de Mary Louise Aswell et George Davis. Bennett Cerf, le directeur de Random House, accepte de publier son premier roman, Les Domaines hantés (1948), qui connaît d'emblée un vif succès{{citation}}, {{Citation}}. La même année, il fait la connaissance de Jack Dunphy, lui-même écrivain, qui sera le compagnon de presque toute sa vie. Les dix années suivantes les voient séjourner longuement en Europe. En 1951 paraît La Harpe d'herbes qui, tout en évoquant son enfance en Alabama auprès de ses cousines qui l'ont élevé, représente une douce révolte de la fantaisie et du cœur contre l'hypocrisie de la vie morale américaine : les protagonistes {{Citation}}. Cette fantaisie n'est pas sans rappeler, dans une tonalité plus légère et moins tragique, l'isolement recherché par les héros de Carson McCullers.

Truman Capote écrit aussi des récits de voyages et des scénarios de films dans lesquels jouent les grands acteurs de l'époque (Humphrey Bogart, Gina Lollobrigida...), mais son travail pour les scènes new-yorkaises, une adaptation théâtrale de La Harpe d'herbes et une comédie musicale, tirée de sa nouvelle La Maison des fleurs, connaît un succès mitigé. De façon générale, {{Citation}}. En 1956, il suit une tournée de Porgy and Bess en URSS {{Citation}}. {{Citation}} Les Muses parlent sans difficultés apparentes.

En 1958, Petit déjeuner chez Tiffany {{Citation}}. Bref roman de cent-vingt pages, il connaît un grand succès et fait de son auteur un écrivain en vue chez ses pairs. Ce roman est le récit de la rencontre d'un écrivain débutant, le narrateur, avec sa voisine du dessous, une jeune femme déroutante et anticonformiste d'à peine dix-neuf ans et d'un charme fou. Telle un papillon de nuit attiré par les lumières d'une vie new-yorkaise futile et mondaine, Holly Golightly vit aux crochets de quelques riches amis et amants. Femme-enfant, fantasque et imprévisible, elle est rétive à toute morale qui restreint sa liberté. Le jeune narrateur tombe rapidement amoureux de cette femme seule, blessée par une enfance difficile. Cet amour n'est pas payé de retour et une mauvaise fréquentation (celle d'un chef mafieux emprisonné auquel Holly rendait service en transmettant à l'extérieur ses messages météorologiques) oblige la jeune femme à s'envoler précipitamment pour le Brésil. Elle disparaît mais pas dans le souvenir du narrateur à qui elle laisse un sentiment de manque et le regret du bonheur enfui. Le style léger et ironique de Truman Capote sert merveilleusement ce récit doux-amer où, à la fin, l'héroïne {{Citation}}, ayant réussi à se libérer de ses incertitudes et de son angoisse.

De sang-froid (In Cold Blood)

Truman Capote en 1959. Truman Capote découvre dans le New York Times du {{date}} un fait divers qui, tout de suite, le passionne : un quadruple meurtre frappant une famille de fermiers du Kansas. Il pense qu'il pourra traiter ce fait divers sanglant sous une nouvelle forme littéraire et en faire un « roman de non-fiction » qui {{Citation}}. Il obtient du New Yorker de partir enquêter sur les lieux du drame, à Holcomb. Son amie d'enfance Harper Lee, à qui il a demandé de l'accompagner, facilite beaucoup ses relations avec la population locale du Midwest et lui est d'une aide précieuse durant son travail de recherches. L'écrivain passe {{Citation}} à interroger d'innombrables témoins, à étudier les rapports de police et, après l'arrestation des deux assassins, Perry Smith et Dick Hickock, à les rencontrer en prison grâce à la confiance d'Alvin Dewey, le policier chargé de l'enquête. Il gagne l'amitié des deux prisonniers au cours de ses visites. Il travaille sur ces crimes en restant au plus près des faits, il décrit méticuleusement le décor du drame. Il utilise l'énigme que représentent ces quatre meurtres sauvages et gratuits pour s'approcher du mystère de l'homme doué de raison et pourtant capable du pire. Le titre de l'ouvrage (De sang-froid) est ambigu. Il fait référence à la fois à l'attitude des deux assassins lors de cette nuit fatale, mais aussi à celle de la société qui les exécute. En avril 1965, Smith et Hickock sont exécutés. Le livre qui est son chef-d'œuvre peut enfin paraître.

Random House publie De sang-froid en janvier 1966. Le succès considérable de ce livre, qui se vend à des millions d'exemplaires, lui apporte tout ce qu'il souhaitait, la fortune, la célébrité et une vie mondaine éclatante. Il organise lui-même le 28 novembre 1966 un événement mondain légendaire, un bal masqué en noir et blanc à l'hôtel Plaza à New-York où se pressent cinq cent-quarante invités triés sur le volet.

Truman Capote est alors au sommet de sa gloire mais jamais plus il n'écrira un texte de cette ampleur. Son biographe, Gerald Clarke, le décrit transformé par ce travail épuisant d'enquêtes et d'écriture et ayant de la difficulté à renouer avec son métier d'écrivain et avec lui-même. Mais la raison principale de cette dépression, de sa chute dans l'alcoolisme et de son manque d'inspiration qui ne le quitteront plus, c'est sa rencontre avec Perry Smith, l'un des deux assassins, qui le touchera profondément. Capote voyait en lui l'homme qu'il aurait pu devenir s'il n'avait pas eu la littérature dans sa vie. Ils nouèrent pendant ces années de prison des liens très importants, en passant de longs moments à parler. Au début de 1965, Capote écrit à un de ses amis, lui confiant sa déprime et son épuisement ; d'un côté il ne veut pas que Perry soit exécuté, de l'autre il sait que tant que ce ne sera pas fait, il ne pourra pas terminer ce livre qui l'obsède.

Le déclin

Plaque de Truman Capote au Westwood Village Memorial Park. Stèle de Truman Capote et Jack Dunphy au Crooked Pond dans Long Pond Greenbelt à Southampton (New York). Il vit pendant plus de trente ans avec Jack Dunphy, un acteur et écrivain qu'il a rencontré en 1948. La quarantaine passée, il mène une vie mondaine, mais {{Citation}}. Il compte parmi ses amis Babe Paley, la grande amitié amoureuse de sa vie qui se brise en octobre 1975, et Harper Lee, l'amie de toujours ; celle-ci est l'auteur en 1960 du best-seller To Kill a Mockingbird, en français Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, adapté au cinéma sous le titre Du silence et des ombres ; on y voit Capote enfant déjà grand narrateur d'histoires ; parmi ses amis figurent aussi, entre autres, Newton Arvin, son professeur de littérature, Carson McCullers, Tennessee Williams, Norman Mailer, Marilyn Monroe, Lee Radziwill, la sœur de Jacqueline Kennedy, Andy Warhol qui fut à l'origine du dernier livre qu'il publia de son vivant, Musique pour caméléons, et Cecil Beaton, le photographe officiel de la famille royale britannique (selon Gerald Clarke, « Beaton adorait Capote autant que Capote l'adorait »). Ses inimitiés sont également fameuses, celle pour Gore Vidal notamment.

Après la publication de De sang-froid en 1966, les années qui suivent sont une lente descente vers l'abîme même s'il écrit encore quelques nouvelles. {{Citation}} Son biographe américain le décrit déçu tant par sa carrière que par sa vie personnelle et de plus en plus dépendant de l'alcool et de la drogue, effectuant des cures de désintoxication sans succès.

La publication dans Esquire, en octobre 1975, d'un chapitre du roman auquel il travaille, précipite la catastrophe. La Côte basque, 1965, un des trois (brillants et outranciers) fragments qui subsisteront de l'œuvre annoncée, s'inspire de façon un peu trop évidente (et blessante) de la relation douloureuse entre deux de ses amis, William et Babe Paley ( qui précipitera, aussi, le suicide d'Ann Woodward)... Cela vaut au romancier d'être irrémédiablement ostracisé par la haute société new-yorkaise et fui par presque tous ses proches. Ce roman, Prières exaucées, qui devait être son chef-d'œuvre, restera inachevé et ne sera publié que de façon posthume en 1987, avec une préface explicative de son éditeur Joseph M. Fox.

Entre-temps, Truman Capote fait paraître, en 1977, un dernier livre de son vivant : Musique pour caméléons qui est un recueil d'articles et de nouvelles.

{{Citation}}. Il meurt à Bel Air, un beau quartier de Los Angeles, en 1984, d'une surdose médicamenteuse associée à un cancer du foie et à un affaiblissement général de sa santé depuis sa phlébite.

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